Hanna Putz 

Untitled (TR1) 

Untitled (TR1)

À propos de l'artiste

Hanna Putz photographie femmes, hommes et bébés. Son image, minimaliste, s'attache aux corps et à leur expressivité. Les modèles, souvent des amis, parfois mannequins de profession, sont pris dans un environnement familier ; la proximité entre eux et la photographe, entre eux et leur intérieur, permet ce relâchement palpable à l'image. Dans ces moments d'intimité, Hanna Putz capte la fusion des corps et la douceur de leur union. Elle dirige ces modèles, qui, devant son objectif laissent tomber le masque de la pose, et introduit dans le champ, un être qui résiste aux directions, le bébé, et sa gestuelle libérée de toute notion de pose.

Rencontre

Certaines de vos images dégagent une douce complexité. Le corps est contorsionné mais se présente dans un certain relâchement, entre conscience et abandon. Quelle relation entretenez-vous avec vos modèles ? Les dirigez-vous ?
Mon travail met en scène des gens tels qu’ils sont, avec et pour eux-mêmes, à l’inverse de la manière dont on se présente à autrui ou pour un but quelconque. Même en prenant des positions anormales, les modèles n’ont pas l’air de poser pour la photo – l’aspect représentatif en est exclu. Il est question de solitude, mais sans connotation négative ou triste. Recueillies en elles-mêmes, elles s’extraient de leur environnement. À l’heure de la surenchère d’images, j’aime voir des gens qui ne semblent pas en souffrir, des êtres imperturbables. Les images à la composition plus complexe rappellent également au spectateur qu’il est face à une réalité construite de toutes pièces. Je ne cherche pas à représenter un moment réel, chose que la photographie prétend souvent accomplir.
 
John Berger, dans son essai fondateur Ways of Seeing, dit qu'il faut opérer une distinction dans la représentation du nu. Il l'établit en opposant les termes "nakedness" (la nudité) et "nude" (le nu), et écrit : Être naked, c'est être sans masque. Être nude, c'est être exposé à la vue d'autrui." Vos modèles sont-ils "naked" ou "nude" ?
Elles sont nues au sens de «nude». Le nu dans cette acception implique la conscience d’être vu. Il ne s'agit pas pour moi de présenter le sujet dans son état le plus personnel. Même quand ils sont nus, particulièrement quand ils le sont, les personnes dans mes images ne sont pas impliquées ou disponibles au regard d'autrui. Le nu en peinture ou en photographie a, selon moi, très peu souvent avoir avec le fait d'être "vrai" ou "libre" - elle est juste un autre uniforme. Je pense que l'on ne peut atteindre la nudité, la vérité ou la proximité avec l'autre, - une préoccupation centrale dans mon travail - que par le regard qu'il nous adresse. C'est là que l'on reconnaît ce que la personne est "réellement", pas le fait qu'il soit montré nu, sans vêtement.
 
Dans ces intérieurs, il n’est pas rare non plus de croiser un enfant, parfois porté à bras, enserré, son corps mêlé à celui de la femme dans une sorte de fusion charnelle. Cette occurrence semble de plus en plus fréquente, pourquoi ?
Lorsque j’ai commencé, je photographiais surtout des mannequins, étant donné que je l’étais moi-même et que nous étions tous des amis très proches. Quand on fait ce métier, on est forcément très conscient de son apparence à l’image, on est très présent à l’instant de la photographie. Mais je ne cherchais pas à les photographier en tant que mannequins, dans un contexte de mode ; ce qui m’intéressait c’était d’aborder la question de l’expression de l’identité à travers la pose photographique.
Je désirais par ailleurs voir ce qui se passe vraiment dès lors qu’on photographie quelqu’un avec son enfant. Toute l’attention est dirigée sur l’enfant. On abandonne toute conscience de soi, toute timidité ; d’une certaine manière, l’importance normalement attribuée à la pose est levée. L’acte de photographier est alors fondamentalement différent.
Je me suis ainsi interrogée sur la signification de la maternité au travers de la photographie. Pas simplement les caractéristiques émotionnelles, également les qualités physiques. Par exemple, dans la représentation de la figure maternelle par les médias. La pression sociale sur les femmes de ma génération – associer beauté, réussite professionnelle et maternité – me fascine, et la représentation dans les médias de la mère-mannequin a nourri cette fascination…

Édition limitée, numérotée et signée par l’artiste.


Expositions et prix

Letzte Lockerung - Hommage an Walter Serner, SKW Neuer Kunstverein Wien, Vienne, Autriche, 2015
Zwischen Kraft und Krise, Lenton Museum, Linz, Autriche, 2015
The Vacancy, Galerie Crone, Berlin, Allemagne, 2015
Crocodile, Autocenter, Berlin, Allemagne, 2015
Nadezhda, Biennale de Moscou, Moscou, Russie, 2015
Porn, Porn, Porn, Eigen+Art LAB, Berlin, Allemagne, 2015
New Needs, Spalt Haus, Niederosterreich, Autriche, 2015
Destination Wien 2015, KUNSTHALLE Wien, Vienne, Autriche, 2015
Let's Mingle, Franz Josefs Kai 3 (BAWAG Contemporary), Vienne, Autriche, 2014
Junge Osterreichische Fotografie, FOTOHOF, Salzbourg, Autriche, 2014
Photography's Next. Don't Stop Now. FOAM Museum, Amsterdam, Pays-Bas, 2014
Home Truths. Photography, Motherhood and Identity, Museum of Contemporary Photography, Chicago, USA, 2014
Self-discovery and self-invention at the boundaries of understanding, Moscou, Russie, 2014
Mother Lode
, exposition collective avec Elina Brotherus, Leigh Ledare, Janine Antoni, The Photographers Gallery, Londres, commissariat de Susan Bright, Oct. 2013
New Somatographics, exposition collective avec Robi Rodriguez, Jamie Hawkesworth et Daniel Sannwald, 50-1 Gallery, Chypre, 2012
MAKE ME LIKE IT – Die neuen Schnellen, exposition collective avec Daniel Richter, Amelie von Wulffen , Birgit Megerles, Vacant Galleries / Viennafair, Vienne, commissariat de Adrian Buschmann, 2012
Photographe sélectionnée ’1000 Words Photography Award 2012’
Photographe sélectionnée, Concours International de Photographie, Festival International de Mode et de Photographie, Villa Noailles, Hyéres, 2012
Hussein Chalayan, Grey Line, exposition collective, Embankment Gallery Show Space, Londres, 2012
No fashion, please!, exposition collective avec Viviane Sassen, Alex Prager, Bruce Weber, Philip Lorca di Corcia, Leigh Bowery, Tracey Baran et Jeff Bark, KUNSTHALLE, Vienne, commissariat de Peter Weiermair, 2011

Publications

Informations

& commande

Hanna Putz 
Untitled (TR1)

2012

Informations techniques

Tirage argento-numérique Lambda sur papier satiné - édition limitée, certificat numéroté et signé par l'artiste.

Dimensions

26,5 x 40 cm, Édition de 100 280.00 €
 
Ajouter un cadre (choix de l'artiste - autre choix, nous contacter)  

Passe-partout 7,5 cm, cadre chêne brun, verreX





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ART LIGUE pour le "Bon Marché", Paris