Fabien Seguin 

Island 

Island

À propos de l'artiste

La nature est au cœur de son œuvre. Établi depuis 20013 au Canada, Fabien Seguin photographie les paysages naturels. Dans Eden (2010-2012), une série consacrée aux parcs chinois, il s'intéresse à la nature domestiquée, aménagée pour les loisirs, et pointe le paradoxe de notre relation à la nature : que nous allions nous promener dans un parc, à la campagne ou skier à la montagne, ces paysages que nous traversons ne sont jamais complètement vierges, ils ont été aménagés pour notre contemplation.
Il entame la même année The Vegetation Cycle composé de Chasma, une série en noir et blanc de fouillis végétaux denses et bruissants,  et Under the Leaves, série en couleurs, présentant une végétation qui envahit l'espace et semble douée de volonté : celle d'outrepasser le rôle d'ornement qu'on lui a initialement assigné. Auparavant dans Ultima Natura (2008-2009), une série de nus dans la nature, il questionne la relation qui existe entre l'homme et l'environnement dans son état naturel.

Rencontre

Dans quelles circonstances vous êtes-vous établi en Chine ?
J'y suis arrivé en octobre 2006 après un séjour de 2 mois en Inde qui m'avait déjà convaincu que j'étais fait pour l'expatriation. Vivre quelques années à l'étranger me paraît constituer une expérience que tout le monde devrait envisager. C'est important, c'est une question d'évolution.
L' Asie m'avait toujours beaucoup attiré et, après l'Inde, la Chine m'est apparue comme un choix logique. J'avais toujours eu cette idée d'apprendre un jour le chinois. En arrivant, je ne parlais pas un mot, je ne comprenais rien, et c'est cela aussi que j'étais venu chercher. J'étais enfin débarrassé des messages publicitaires, de la propagande télévisuelle, des conversations entendues dans la rue et dans le métro, bref de tout cet environnement verbal parasite qui fait toujours écran avec la réalité quand on vit dans sa propre culture.
 
Il est souvent difficile de photographier son environnement immédiat, de savoir regarder ce que l’habitude a usé. A contrario, en tant qu’Occidental établi en Chine, pays de contrastes saisissants, n’avez-vous jamais le sentiment d’un trop plein d’images, de ne plus savoir où porter votre regard ?
À mon avis, quand on vit à l'Étranger, il est surtout important d'apprivoiser son environnement, d'apprendre à le connaître afin de ne plus être victime de ce qu'on pourrait appeler l'exotisme du début, c'est-à-dire la tentation de faire une photo motivée par quelque chose qui paraît atypique. On a tous fait ce genre de photos et la presse en est pleine. Mais en s'intégrant peu à peu à l'environnement on contourne ce gouffre et on parvient à élaborer du travail qui a du sens et une portée plus générale. J'habite en Chine, mais mon travail ne porte pas sur ce pays. Que je sois ici relève pour une grosse part du hasard ; ce n'est pas très important en fait.  
 
Votre image "The Island" est emblématique de ces paradoxes visuels dont regorge la Chine. Pouvez-vous nous en dire plus sur cet « îlot » étrangement posé parmi ces tours ?
Cette photo a été faite à Chongqing, qui est une ville que j'adore car elle est toute en pente. L'image illustre bien ce qui se passe aujourd'hui dans les villes chinoises, où les anciens bâtiments, s'ils ne sont pas rasés, sont peu à peu cernés par des tours d'habitation toujours plus hautes et toujours plus massives.
L' impression d'insularité est également renforcée par le fait que le sommet de l'immeuble forme comme un jardin, qui contraste avec la barre de béton en fond.
En Chine, ce genre de toit cultivé où les habitants bricolent eux-mêmes une cabane ou une toiture de fortune est assez fréquent. Une bonne partie de la population urbaine chinoise est une population urbaine récente et les habitants, quand ils le peuvent, aiment à cultiver des légumes autour des immeubles ou sur le toit. Un autre phénomène intéressant aujourd'hui est la mode des "green roofs", qui a déjà transformé les toits stériles de nombreux immeubles dans les grandes villes américaines et qui est également en train de prendre en Chine, notamment à Chongqing. C'est un phénomène nouveau qui rejoint ce que les chinois n'ont jamais vraiment cessé de faire.
 
Dans votre série Under The Leaves, vous photographiez une végétation luxuriante, qui semble couver quelque chose en silence et dégager, même ceinte de béton, une sorte de farouche indépendance. Comment avez-vous choisi ces sites ?
Under The Leaves est une série entièrement réalisée dans les différents parcs du campus de l'Université de Wuhan, près duquel j'habitais alors. Son extension géographique est donc très limitée. Les prises de vues ont eu lieu exclusivement de jour, couvert ou pluvieux, dans ces moments où la végétation est baignée d'une lumière diffuse et sombre, que les arbres et plantes semblent être réellement doués de vie, acquièrent une présence, apparaissent inquiétants, presque menaçants. Il fallait également que cette végétation paraisse d'origine humaine, plantée, de manière à la rapprocher de nous et à accentuer ce sentiment d'étrangeté et d'angoisse, ce qui n'aurait pas été possible si j'étais allé dans un espace entièrement sauvage comme la forêt. C'est pourquoi j'ai travaillé dans des parcs et ai fait entrer dans certaines images des parties de structures en béton, des artefacts humains.

Expositions et prix

Combine 2014, FOFA Gallery, Montreal, Canada, 2014
Into the Void, VAV Gallery, Montreal, Canada, 2013
Young Land, Fenghuang Photo Festival, Fenghuang, Chine, 2012
A place aside : Artists and Their Partners, Kinsey Institute, IN, USA, 2012
Micro Art, Fine Arts and Literature Art Centre, Wuhan, Chine, 2012
Humble Arts Group Show 39.2, Humble Arts Foundation, New York, USA, 2011
KL Photo Awards 2011, MAP KL White Box Gallery, Kuala Lumpur, Malaisie, 2011
Under the Leaves, Pingyao International Photography Festival, Pingyao, 2010
Face and Figure: A Curated Auction of Self-Portraits, Daniel Cooney Fine Art & iGavel.com, 2010
Ones to watch, ACP (Atlanta Celebrates Photography), Atlanta, 2010
Hulunbuir, Alliance Francaise de Wuhan, Wuhan, 2009
2009 International Exhibition of Fine Art Photography, Center for Fine Art Photography, Fort Collins, 2009
Festival International de l'Image Environnementale (FIIE), Arles, 2009
Wide Open, Shanghai Studio, Shanghai, 2008
Translucence, Hubei Museum of Art, Wuhan, 2008

Publications

BOOOOOOOM, 2012
Poncz Magazine blog, 2012
Flakphoto, 2011
Urbanautica (interview), 2011
Flakphoto, 2011
Identity Sucks book, World Identity Lab, 2010
Multimedia Muse, 2010
Polar Inertia, issue 36, 2010
Flakphoto, 2010
Schuberg Philips, 2010
Blindboys (India), 2010
The whishing table, world identity lab, 2010
Da Wuhan magazine, China, 2009
Redefine magazine, summer issue, 2008

Informations

& commande

Fabien Seguin 
Island

2009

Informations techniques

Tirage argento-numérique Lambda sur papier satiné - édition limitée, certificat numéroté et signé par l'artiste.

Dimensions

64 x 80 cm, Édition de 100 300.00 €
 
Ajouter un cadre (choix de l'artiste - autre choix, nous contacter)  

Caisse américaine chêne clairX





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