Robert Stadler 

installation ? 

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À propos de l'artiste

On le nomme parfois artiste, d'autres fois designer. Robert Stadler, autrichien établi à Paris, co-fondateur du collectif des Radi Designers (1992-2008), développe depuis vingt ans une œuvre qui défie toute tentative de catégorisation. Qu'elles soient commandes industrielles, publicitaires ou encore projets personnels, ces pièces explorent les questions de l'espace et de la fonctionnalité, l'absurde n'étant jamais très loin. Dans Porte-manteau, il propose en guise de porte-manteau, une fausse porte entrouverte, qu'il destine - non sans ironie - aux adeptes de l'"open space" et du loft. Avec Pools and Pouf!, un canapé et ses poufs étalent leur cuir noir capitonné sur le sol. Ils semblent modelés dans une matière lourde, sirupeuse comme le pétrole. Qu'en faire ? Comment regarder l'objet ? Quelle étiquette coller à cette forme fuyante ?  
Les créations de Stadler échappent aux définitions conventionnelles de l'objet d'art et opèrent des interférences avec leur environnement, à l'image de ce "?" irradiant le chœur de l'église Saint Paul Saint Louis à Paris.

Rencontre

Installer un point d'interrogation de lumière dans le chœur d'une église, c'est interroger le cœur du mystère : celui de l'existence, des origines, de la religion ?
C'est d'abord l'affirmation du doute. C'est aussi montrer l'indéniable importance de la religion et en même temps le sentiment de perplexité que l'on peut éprouver face à ce phénomène si on n'est pas pratiquant. L'installation rappelle cet ancien dilemme entre la certitude scientifique et la foi. L'église, a priori basée sur la foi, a toujours essayé de nous prouver la réalité des faits bibliques au travers de détails concrets, tels la représentation hyper-réaliste des blessures du Christ par exemple. L'installation fait aussi écho aux efforts de l'église pour nous attirer en promettant des réponses à nos questions. Le point d'interrogation a été construit suivant les lois d'une anamorphose. Au fur et à mesure que le spectateur déambule dans l'église, le signe typographique se décompose visuellement en plusieurs sphères lumineuses flottantes. Plus il avance, moins la figure du point d'interrogation est reconnaissable. Et une fois revenu au point de départ, il se trouve de nouveau face à la figure et donc face à la question.

Quand vous créez un objet mobilier (Pools & Pouf! par exemple, ensemble quasi-paysager de canapés et de poufs), c'est le rapport de l'objet à l'espace -plus que sa fonctionnalité- qui semble vous intéresser. L'installation artistique, comme ce point d'interrogation, c'est aussi créer un contenu et une forme pensés pour un espace spécifique. Le processus de création est-il similaire ?
Le processus est en effet similaire sur la question de la relation à l'espace, il y a un aspect fragmentaire présent dans les deux travaux. La fragmentation est une technique qui nous permet de mieux comprendre un tout et on peut même dire que toute action humaine de fait fragmente la nature. Pour moi cela représente à la fois la réduction d'un système en une forme essentielle et en même temps en un scénario de possibilités ouvertes. Avec le point d'interrogation cette ouverture concerne l'interprétation du signe, avec Pools & Pouf! elle s'adresse à de multiples possibilités d'usages.

On vous dit parfois designer, en d'autres occasions, artiste : laquelle de ces deux appellations vous paraît la plus juste ? Cela vous plaît-il de naviguer entre les deux ?
Je suis designer de formation et je trouve plus sain d'essayer d'étendre les limites du design telles qu'elles sont encore aujourd'hui établies, plutôt que de m'appeler designer le lundi, artiste le mardi etc. Le design agit plutôt dans une sphère pragmatique. Je peux trouver cela fascinant d'agir dans un champ défini en essayant de trouver des solutions, mais je ne veux pas me restreindre uniquement à cela. La dimension irrationnelle et libre de l'art m'importe autant et c'est pour cela que certains de mes projets divaguent, s'éloignent des préoccupations pragmatiques.

Quels sont vos projets pour 2012 ?
La scénographie de l'exposition Autobiographies à l'Espace Culturel Louis Vuitton (mars 2012).
La conception de deux nouveaux restaurants Corso, respectivement situés Avenue Kléber et Quai de Seine, pour mars-avril.
Un projet sur scène au Centre George Pompidou avec Philippe Katerine en septembre-octobre.

Édition limitée, numérotée et signée par l’artiste.

Expositions et prix

L’usage des formes, Palais de Tokyo, Paris, 2015
Airspace, Carpenters Workshop Gallery, Paris, 2015
Back in 5 min, Solo Show, Mak Branch Geymüllerschlössel. 2014
Quiz, Group Show based on an idea by Robert Stadler, Nancy, 2014
A play with Philippe Catherine,
Autobiographies, Espace culturel Louis Vuiton, Paris, 2012
1000 jours
, Carpenters Workshop Gallery, Paris, 2011/12
Wild at Home, Galerie Triple V, Paris, 2011
Split Identities, Murska Sobota Galleria, Slovénie, 2010
Formlose Möbel, Museum für Gestaltung Zürich, 2009
The Freak Show, MAC Lyon, 2007
Design contre Design, Grand Palais, Paris, 2007
Design en Stock - 2000 objets du FNAC, Palais de la Porte Dorée, Paris, 2004

Publications

Monograph - Robert Stadler Invasive Shifting Absurd Exercise, La Martinière, 2014
Closer to God - religious architecture and sacred spaces
, Gestalten, 2010
Nature in a kit, MUDAC, 2009
Formless furniture, Hatje Kantz, 2008
Furnish, Gestalten, 2007
Atmosphere: The shape of things to come, Birkhäuser, 2007
Duty Free, Monographie, auto-éditée, 2006
Un art populaire, Fondation Cartier / Actes Sud, 2001


Portrait : André Morin

Informations

& commande

Robert Stadler 
installation ?

2007

Informations techniques

Tirage argento-numérique Lambda sur papier satiné - édition limitée, certificat numéroté et signé par l'artiste.

Dimensions

50 x 35,5 cm, Édition de 120 250.00 €
 
Ajouter un cadre (choix de l'artiste - autre choix, nous contacter)  

Cadre chêne brun foncé avec rehausse, verre anti-refletX





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