Andrés Marroquín Winkelmann 

Carretera, Zapallal / Yurinaki 

Carretera

À propos de l'artiste

Photographe péruvien, résidant à Berlin, Andrés Marroquin Winkelmann mène un travail aux confluences du documentaire et de la photographie plasticienne. Ces images s’ancrent dans un contexte social fort, squats de Berlin (Conditions) ou bidonvilles du Pérou (Zapallal I Yurinaki). Des marges, toujours, mais silencieuses : ses images ne décrivent pas, ne parlent pas, elles irradient, créant entre elles un champ magnétique puissant de couleurs et de lumière.

Rencontre

Zapallal/Yurinaki est un travail que vous avez réalisé au Pérou, votre pays natal, après avoir étudié la photographie en Allemagne. En quoi cette distance, à la fois géographique et mentale, a-t-elle influencée votre vision de photographe et votre désir de mettre votre pays en images ?
Cette série ne résume pas ma vision du pays, mais cherche plutôt à rendre compte de certains aspects du système social, économique et politique centralisé du Pérou. Le paysage social du pays a beaucoup changé entre 2000 et 2010. Déjà avant mon départ, plusieurs aspects de la société contemporaine péruvienne m'intriguaient, et la distance que j’ai prise en vivant à Berlin m’a permise d’aiguiser mon acuité sur ces interrogations. Sans cette distance, j’aurais sans doute eu du mal à les envisager clairement. Quand je suis revenu au Pérou pour réaliser ce projet, j’ai ressenti une sorte de vide, qui a heureusement disparu dès que j’ai rencontré les personnes que j’allais photographier ; mon approche est alors redevenue plus intuitive et fluide. La connexion que je peux établir avec mes sujets, c’est ça mon « carburant ».

Votre image « Carretera » est ambivalente, sur le fil, entre paysage et nature morte. Comme nombre de vos images, elle hypnotise, c’est une image séduisante qui contient également une forte tension dramatique. Quel rôle tiennent la couleur et l’éclairage dans l’élaboration de votre esthétique ?
Certaines de mes images peuvent être lues sur un plan sensoriel. Le fait d’ajouter une source de lumière extérieure me permet d’accentuer certains motifs (le rouge flamboyant des fleurs par exemple), et de ramener à la surface des détails et des textures. La plupart du temps, quand on aborde un sujet aux implications sociales, on omet ou l’on cache une certaine beauté : celle qui affleure au travers de certains détails et qui parle finalement de progrès, de soin, du collectivisme. Je suis conscient des conditions de vie de ces communautés et de la fragilité de ces environnements, je ne veux pas ignorer ces aspects, et j’essaie toujours d’offrir d’autres représentations de ces sujets (différentes de ce que les média mainstream ont l’habitude de montrer), pour que l’on puisse les envisager dans une perspective nouvelle.
 
"Sarnai", comme la plupart de vos portraits, est posé. Comment travaillez-vous avec votre sujet ?
Dans mon premier projet Conditions, beaucoup des personnes photographiées ont une apparence non conventionnelle. Mais je ne choisis pas nécessairement la personne pour son look. Il doit d’abord y avoir une connexion possible pour que l’image se fasse. J’essaie de travailler de manière collaborative avec le modèle, de créer des situations pour que naisse une intimité, afin d'inviter le spectateur à partager ce moment et le renvoyer à son acception de la tolérance.
 
Dans les deux séries, vous entremêlez portraits et natures mortes, comment interagissent-ils ?
Ces combinaisons m’aident à construire une narration personnelle. Certaines des natures mortes ont été composées avec les mêmes idées et émotions que certains des portraits ; d’autres natures mortes viennent compléter mon interprétation du sujet en l’élargissant à son environnement matériel, paysager.
 
Pourriez-vous nous parler de votre livre Conditions, dont la maquette permet au lecteur d’associer librement les images et finalement de composer une narration personnelle ?
Conditions traite de questions d’identité, de normes sociales et d’acceptation mutuelle. L’identité de chacun est façonnée par la série des décisions qu’il a prises au cours de sa vie, la double reliure du livre invite le lecteur à expérimenter quelque chose de semblable, en regardant à son rythme et associant librement les images entre elles.

Édition limitée, numérotée et signée par l’artiste. 

Expositions et prix

Conditions, Galerie Revolver, Lima, Pérou ; Armory Show, New York 2011
Difracción, Arroniz Contemporaneo, México, 2011
Zapallal / Yurinaki, Lima Foto, 2011
As They Are, Kunst Licht Gallery, Shanghai, 2010
Darmstädter Tage der Fotografie, Ausstellungsraum Zeitweise, Darmstadt, 2010
Global_Photography, Galleria Contemporaneo, Venise, 2010

Publications

Conditions, Meier Muller, Berlin, 2011
Zapallal I Yurinaki, Kominek, 2011

Informations

& commande

Andrés Marroquín Winkelmann 
Carretera, Zapallal / Yurinaki

2009

Informations techniques

Tirage fine art sur papier Hahnemühle Photo Rag Baryta - édition limitée, certificat numéroté et signé par l'artiste.

Dimensions

30 x 37 cm, Édition de 100 200.00 €
 
Ajouter un cadre (choix de l'artiste - autre choix, nous contacter)  

Passe-partout 5 cm, cadre bois peint blanc, verre X





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